aux éditions Métailié (2010)"Un soir d'automne. Maria est retrouvée pendue dans son chalet d'été sur les bords du lac de Thingvellir. Après autopsie, la police conclut à un suicide. Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite d'une amie de cette femme qui lui affirme que ce n'était pas « le genre » de Maria de se suicider et qui lui remet une cassette contenant l'enregistrement d'une séance chez un médium que Maria était allée consulter pour entrer en contact dans l'au-delà avec sa mère. Celle-ci lui avait promis de lui envoyer un signe. Au pays du fantastique et des fantômes, aussi du bitatif que réticent, le commissaire Erlendur, troublé par l'audition de la cassette, se sent obligé de reprendre l'enquête à l'insu de tous.
Il découvre que l'époux de Maria n'est pas aussi fiable qu'il en a l'air et ses investigations sur l'enfance de la suicidée, ses relations avec une mère étouffante vont le mener sur des voies inattendues semées de secrets et de douleur.
Obsédé par le deuil et la disparition, harcelé par les frustrations de ses enfants, sceptique devant les croyances islandaises, bourru au coeur tendre, le commissaire Erlendur poursuit sa recherche sur lui-même et rafle tous les suffrages des lecteurs."
Une autre sorte de disparition pour Erlendur : un suicide. Dans ce roman, on ne voit pratiquement pas Sigurdur Oli ni Elinborg et Erlendur mène son enquête de façon quasiment non-officielle. J'aime ces romans où l'intrigue évolue lentement mais passionnément, pas de crime fracassant, mais des révélations glaçantes. Et encore une fois, l'auteur s'interroge sur le manque, il développe son intérêt pour le paranormal (qui permettrait au cher commissaire de dénouer son passé) et s'attarde sur les manipulations psychologiques. En fouillant encore plus dans le passé d'Erlendur, on arrive même au sujet du pardon. Eva Lind, (presque) assagie, va-t-elle pardonner à son père ?
Cette critique n'est pas très élaborée, désolée, mais vraiment j'adore cette série terriblement humaine d'Arnaldur Indridason, ses personnages attachants, blessés par la vie et qui tentent de trouver des réponses. Là, je suis en train de lire "La rivière noire", le dernier paru en France (en 2008 en Islande !) et je sens que je vais être comme une droguée en manque jusqu'à la parution du prochain...
Quelques citations :
"L'expérience montrait que les suicides étaient parfaitement imprévisibles et indépendants des conditions financières du foyer. Ils suscitaient souvent la plus grande des surprises. Ils touchaient des gens de tout âge, des jeunes, des gens d'une cinquantaine d'années et des vieillards qui, un jour, décidaient d'écourter leur vie. Parfois, ils avaient derrière eux une longue série de dépressions et de tentatives ratées. Dans d'autres cas, leur geste prenait leurs amis et leurs familles au dépourvu. On n'imaginait pas qu'il souffrait à ce point. Elle ne disait jamais rien. Comment aurions-nous pu savoir ? Les proches restaient là, accablés de douleur, avec des regards interrogateurs, incrédules, et un tremblement terrifié dans la voix : pourquoi ? J'aurais dû le voir arriver ? J'aurais dû être plus attentif ? "
"Elle reconnaissait cette angoisse, cette mélancolie, cette mélancolie, ce manque d'allant, cet état d'apesanteur et cet épuisement mental qui la privaient de son énergie en la rendant indifférente à tout ce qui concernait pas l'univers intime qu'elle s'était forgé sur le terreau de son souffrance. Nul n'était autorisé à poser le pied dans cet univers-là."
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